En préambule nécessaire, je me dois de préciser que je ne milite pas ici pour rendre illégale cette fonctionnalité qui permet d'ajouter une page net à son profil FB. Une lutte rendue actuelle ces derniers jours par Thilo Weichert, du centre de la protection des données de Schleswig-Holstein, dans le nord de l'Allemagne. Une lutte contre le fait que ladite fonctionnalité collecte des données privées via l'adresse IP, le numéro qui identifie chaque ordinateur sur le web. Une lutte qui trouve ses échos en Suisse.
C'est un bon débat, qui mérite il va sans dire d'être mené. Mais ce n'est pas celui auquel je m'attache ce soir.
Ce qui m'intéresse, c'est l'utilisation du bouton "j'aime" de FB pour réagir à des "posts" mis en ligne par des "amis". Un bouton qui la plupart du temps équivaut à cette citation du "Cyrano de Bergerac": "Ah ! Non ! C'est un peu court, jeune homme! On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme..." Un bouton devenu archétype de flemmardise. Manquerait plus, pour que le tableau soit complet, que l'on ajoute le "je n'aime pas".
Je trouve que c'est très dommage, parce que FB perd ainsi la potentialité qui aurait pu être la sienne: au-delà du lieu d'un simple partage, un lieu de véritable échange. Que Facebook se réduit la plupart du temps à des posts sans lendemain, à des photos, à des liens, à des "est ami avec", à des "j'aime" de pages et à des "j'aime" de posts.
J'y participe, il serait faux-cul de ma part de prétendre le contraire. Mais il est vrai également que j'espérais plus de ce réseau social, et que je suis déçue.
Déçue aussi de l'influence que ça a sur les blogs. Qui régressent progressivement vers les oubliés de la toile. Et qui, même s'ils sont consultés, ne donnent la plupart du temps lieu à rien - dès le moment où ils ne bénéficient pas du bouton simplifié "j'aime".
Alors bien évidemment que je ne souhaite pas la suppression de quoi que ce soit. Ce que je voudrais, c'est que les participants aux réseaux sociaux et aux blogs s'impliquent en participants actifs. Et non uniquement en spectateurs passifs.
C'est seulement ainsi que le net, sous toutes ses formes, gagnera la crédibilité qu'il mérite.