dimanche 14 août 2011

"Le Moine": à rester à mi-chemin, ce film ne va nulle part

Il y a des films que l'on traverse, sans plus, et dont on ressort totalement indemne. "Le Moine" de Dominik Moll est de ceux-là.

Je ne peux pas dire que j'ai détesté, ni même que je me suis ennuyée. Pendant 1h41, j'ai traversé. C'est tout. Et c'est encore beaucoup dire, tant il est difficile de traverser ce qui ne possède aucune substance.

Pourtant, il y aurait eu de quoi faire dans cette adaptation du roman de Matthew G. Lewis. Si Dominik Moll avait osé prendre parti.

Ambrosio (campé par un Vincent Cassel qui ne va pas lui non plus au bout de son propos - mais comment lui en vouloir dès lors que le réalisateur s'égare?) est un moine pur et dur qui tombe dans le péché via le péché ultime, celui d'orgueil. Dans la scène d'ouverture, qui met l'eau à la bouche, il clame haut et fort que "Satan n'a que le pouvoir qu'on veut bien lui donner", provoquant ainsi le Maître du Mal en compétition.

On s'attend à ce que Moll empoigne ce thème à bras-le-corps. Ce n'est pas le cas. Tout soudain il se radoucit, et voilà que notre orgueilleux se transforme en un homme avec des failles, certes, mais sincère. Ce changement d'optique ne serait pas problématique si Moll s'y tenait. Il ne s'y tient pas, livrant au final un film qui ne sait plus sur quel pied danser.

"Le Moine", à force d'hésiter à mi-chemin, ne va nulle part. Et le spectateur, pour ne pas rester au bord de la route, prend les sentiers de la traverse.