dimanche 21 août 2011

Football: les poncifs au placard!

J'ai fait mon coming out il y a une trentaine d'années (plus précisément en 1982), donc depuis le temps je devrais être habituée. Un coming out particulièrement délicat: j'aime le football (un aveu presque pénible dans certains milieux, que l'on chuchote quasi en s'excusant, le rouge au front) et, pire que ça, je suis une tifosa de la Juventus et de la Squadra Azzurra.

Je devrais être habituée. Mais non, même après 30 ans, je reste surprise d'entendre systématiquement les mêmes poncifs.

A savoir:

- Le football est l'opium du peuple. Un moyen imaginé par nos machiavéliques autorités pour nous asservir et nous détourner des véritables problèmes. Suit généralement une référence à "panem et circenses". A quoi je réponds (à titre personnel, bien sûr, même si je ne pense pas être la seule) qu'on peut aimer le football ET avoir plusieurs neurones, ainsi qu'un esprit critique. Ce n'est pas parce qu'on va se faire plaisir au stade qu'on en devient pour autant un mouton écervelé.

- Il y a de plus en plus de violences dans les stades et alentour. Le hooliganisme est une réalité, je ne vais pas le nier. Une réalité contre laquelle il faut lutter avec la plus grande fermeté. L'Angleterre a des longueurs d'avance, ayant tiré les justes conclusions après le drame du Heysel en 1985 (finale de Coupe d'Europe des clubs champions, ancêtre de la Champions League, entre Liverpool et la Juve). L'Italie a fini par réagir également, mais des années plus tard. Quant à la Suisse, elle est clairement à la traîne, commençant seulement à se réveiller et à prendre des mesures. Cela dit, sous prétexte que le hooliganisme fait régulièrement les gros titres (vendeurs) des médias, on a tendance à oublier qu'un hooligan n'est pas équivalent à un supporter. Le premier est là pour se battre avec les hooligans de toute équipe adverse, foutre le bordel et faire de la casse. Rien à voir avec un esprit sportif. A noter que ces milieux sont souvent noyautés par l'extrême-droite. Le supporter digne de ce nom, lui, aime son équipe de coeur, certes, mais il aime surtout le football, la stratégie, la tactique, la technique et le fair-play.

- Le foot, ce n'est plus qu'une grosse machine à fric, le sport n'a plus rien à y voir. Là encore, il y a une réalité que je ne vais pas nier. Au niveau de l'UEFA, son président Michel Platini a annoncé des mesures radicales pour assurer ce qu'il nomme le "fair-play financier". En résumé les clubs européens ne pourront plus dépenser plus d'argent qu'ils ne peuvent en générer. Ils devront atteindre cet objectif au plus tard en 2012/2013. Les sanctions prévues vont d'amendes à l'exclusion des Coupes européennes. On aime ou on n'aime pas les méthodes du Français et son combat n'est pas gagné, mais sur ce coup-là je trouve qu'il fait preuve d'une belle détermination pour recadrer les choses, mettre un terme à la dérive actuelle (on ne peut pas en dire autant, hélas, de Sepp Blatter, à la tête de la FIFA. Vivement que Platini le remplace!)

- Le foot italien... Aaahhh... Là les poncifs atteignent des sommets! J'ai l'insigne honneur d'être tifosa de deux équipes que l'on adore détester. Quand je dis que je suis juventina et supportrice de la Squadra Azzurra, je sais d'avance ce que l'on va me sortir: catenaccio, réalisme, minimalisme. Ce qui est amusant, c'est que cela vient la plupart du temps de gens qui n'ont aucune connaissance footballistique et qui se contentent de répéter ce qu'eux-mêmes ont entendu, souvent depuis l'enfance. Du coup je souris, et je hausse les épaules. J'aime suffisamment mes équipes de coeur pour reconnaître quand elles jouent bien et quand elles jouent mal.

En conclusion: j'aime le foot, et si je rougis, c'est de plaisir. Forza Juve, forza Azzurri !