vendredi 26 août 2011

Démission de Steve Jobs - pourquoi et parce que d'une émotion aussi intense

Ses problèmes de santé étaient connus. Pourtant la démission annoncée de Steve Jobs de son poste de directeur général d'Apple a créé une onde de choc mondiale.

Je ne parle pas ici des réactions des marchés, ni de celles des divers et multiples analystes interrogés, mais bien de la vague d'émotion qui a saisi la planète.

Etant donné que je suis la première à déclamer que je ne comprends pas pourquoi/comment on peut s'impliquer d'une manière aussi émotionnellement intense pour quelqu'un que l'on ne connaît pas personnellement (cf. mon post sur Amy Winehouse), j'ai été très surprise de ma propre réaction. Cette nouvelle a littéralement plombé ma journée. Et je me suis sentie, oui, envahie de tristesse.

Du coup j'ai essayé de savoir pourquoi cela m'avait tellement affectée - et m'affecte encore, sans quoi je ne serais pas en train d'écrire à ce sujet.

Parce que Steve Jobs est, selon toute probabilité, gravement atteint dans sa santé, qu'il faut s'attendre désormais à une news comme quoi il est décédé d'une rechute de son cancer? C'est certainement très triste, mais il n'est pas le seul dans ce cas.

Parce que Steve Jobs est un génie, doué d'une vision et d'une créativité hors pair? Bien sûr, mais cela n'explique en rien pourquoi je me sens autant touchée.

Après avoir retourné la question dans tous les sens, je crois avoir compris mon hyper-sensibilité à cette nouvelle.

Mon tout premier "personal computer" a été un Mac - que je possède toujours, je ne me suis jamais résolue à m'en séparer. Tous ceux qui ont suivi aussi. Mes premiers pas sur le net, je les ai faits via Mac. Puis sont arrivés l'iPod, l'iPhone, etc.

Ce qui à mes yeux démarque (sic) ces produits des produits d'autres marques, c'est qu'ils sont intimement liés à un vécu personnel. Un exemple: mon iMac G3, tout rond et de couleur bleue, je me le suis acheté avec l'héritage financier laissé par ma grand-maman adorée. Je me rappelle même avoir demandé à la vendeuse, effarée, s'il contenait un logiciel "outre-tombe", afin que je puisse remercier ma grand-mère.

Ma relation avec Apple n'est pas uniquement une relation commerciale. Tous ces items que j'ai acquis sont autant de bornes signalétiques, dont je me souviens comme si c'était hier.

Du coup, il n'est pas très étonnant que je me sois attachée à Steve Jobs, l'incarnation de la pomme. Pas étonnant non plus que je me sente bouleversée par son retrait. Parce que c'est une page qui se tourne, pour lui comme pour moi.

Pour tout cela, pour ce rôle qu'il a joué dans mon existence, même s'il n'en sait rien, même si je ne le connais pas personnellement, je dis: merci!

mercredi 24 août 2011

Pour la suppression du "j'aime" de Facebook

En préambule nécessaire, je me dois de préciser que je ne milite pas ici pour rendre illégale cette fonctionnalité qui permet d'ajouter une page net à son profil FB. Une lutte rendue actuelle ces derniers jours par Thilo Weichert, du centre de la protection des données de Schleswig-Holstein, dans le nord de l'Allemagne. Une lutte contre le fait que ladite fonctionnalité collecte des données privées via l'adresse IP, le numéro qui identifie chaque ordinateur sur le web. Une lutte qui trouve ses échos en Suisse.

C'est un bon débat, qui mérite il va sans dire d'être mené. Mais ce n'est pas celui auquel je m'attache ce soir.

Ce qui m'intéresse, c'est l'utilisation du bouton "j'aime" de FB pour réagir à des "posts" mis en ligne par des "amis". Un bouton qui la plupart du temps équivaut à cette citation du "Cyrano de Bergerac": "Ah ! Non ! C'est un peu court, jeune homme! On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme..." Un bouton devenu archétype de flemmardise. Manquerait plus, pour que le tableau soit complet, que l'on ajoute le "je n'aime pas".

Je trouve que c'est très dommage, parce que FB perd ainsi la potentialité qui aurait pu être la sienne: au-delà du lieu d'un simple partage, un lieu de véritable échange. Que Facebook se réduit la plupart du temps à des posts sans lendemain, à des photos, à des liens, à des "est ami avec", à des "j'aime" de pages et à des "j'aime" de posts.

J'y participe, il serait faux-cul de ma part de prétendre le contraire. Mais il est vrai également que j'espérais plus de ce réseau social, et que je suis déçue.

Déçue aussi de l'influence que ça a sur les blogs. Qui régressent progressivement vers les oubliés de la toile. Et qui, même s'ils sont consultés, ne donnent la plupart du temps lieu à rien - dès le moment où ils ne bénéficient pas du bouton simplifié "j'aime".

Alors bien évidemment que je ne souhaite pas la suppression de quoi que ce soit. Ce que je voudrais, c'est que les participants aux réseaux sociaux et aux blogs s'impliquent en participants actifs. Et non uniquement en spectateurs passifs.

C'est seulement ainsi que le net, sous toutes ses formes, gagnera la crédibilité qu'il mérite.

dimanche 21 août 2011

Football: les poncifs au placard!

J'ai fait mon coming out il y a une trentaine d'années (plus précisément en 1982), donc depuis le temps je devrais être habituée. Un coming out particulièrement délicat: j'aime le football (un aveu presque pénible dans certains milieux, que l'on chuchote quasi en s'excusant, le rouge au front) et, pire que ça, je suis une tifosa de la Juventus et de la Squadra Azzurra.

Je devrais être habituée. Mais non, même après 30 ans, je reste surprise d'entendre systématiquement les mêmes poncifs.

A savoir:

- Le football est l'opium du peuple. Un moyen imaginé par nos machiavéliques autorités pour nous asservir et nous détourner des véritables problèmes. Suit généralement une référence à "panem et circenses". A quoi je réponds (à titre personnel, bien sûr, même si je ne pense pas être la seule) qu'on peut aimer le football ET avoir plusieurs neurones, ainsi qu'un esprit critique. Ce n'est pas parce qu'on va se faire plaisir au stade qu'on en devient pour autant un mouton écervelé.

- Il y a de plus en plus de violences dans les stades et alentour. Le hooliganisme est une réalité, je ne vais pas le nier. Une réalité contre laquelle il faut lutter avec la plus grande fermeté. L'Angleterre a des longueurs d'avance, ayant tiré les justes conclusions après le drame du Heysel en 1985 (finale de Coupe d'Europe des clubs champions, ancêtre de la Champions League, entre Liverpool et la Juve). L'Italie a fini par réagir également, mais des années plus tard. Quant à la Suisse, elle est clairement à la traîne, commençant seulement à se réveiller et à prendre des mesures. Cela dit, sous prétexte que le hooliganisme fait régulièrement les gros titres (vendeurs) des médias, on a tendance à oublier qu'un hooligan n'est pas équivalent à un supporter. Le premier est là pour se battre avec les hooligans de toute équipe adverse, foutre le bordel et faire de la casse. Rien à voir avec un esprit sportif. A noter que ces milieux sont souvent noyautés par l'extrême-droite. Le supporter digne de ce nom, lui, aime son équipe de coeur, certes, mais il aime surtout le football, la stratégie, la tactique, la technique et le fair-play.

- Le foot, ce n'est plus qu'une grosse machine à fric, le sport n'a plus rien à y voir. Là encore, il y a une réalité que je ne vais pas nier. Au niveau de l'UEFA, son président Michel Platini a annoncé des mesures radicales pour assurer ce qu'il nomme le "fair-play financier". En résumé les clubs européens ne pourront plus dépenser plus d'argent qu'ils ne peuvent en générer. Ils devront atteindre cet objectif au plus tard en 2012/2013. Les sanctions prévues vont d'amendes à l'exclusion des Coupes européennes. On aime ou on n'aime pas les méthodes du Français et son combat n'est pas gagné, mais sur ce coup-là je trouve qu'il fait preuve d'une belle détermination pour recadrer les choses, mettre un terme à la dérive actuelle (on ne peut pas en dire autant, hélas, de Sepp Blatter, à la tête de la FIFA. Vivement que Platini le remplace!)

- Le foot italien... Aaahhh... Là les poncifs atteignent des sommets! J'ai l'insigne honneur d'être tifosa de deux équipes que l'on adore détester. Quand je dis que je suis juventina et supportrice de la Squadra Azzurra, je sais d'avance ce que l'on va me sortir: catenaccio, réalisme, minimalisme. Ce qui est amusant, c'est que cela vient la plupart du temps de gens qui n'ont aucune connaissance footballistique et qui se contentent de répéter ce qu'eux-mêmes ont entendu, souvent depuis l'enfance. Du coup je souris, et je hausse les épaules. J'aime suffisamment mes équipes de coeur pour reconnaître quand elles jouent bien et quand elles jouent mal.

En conclusion: j'aime le foot, et si je rougis, c'est de plaisir. Forza Juve, forza Azzurri !



mercredi 17 août 2011

Non à la catholicisation rampante de l'Europe!

N'est-ce pas que ce titre fait bizarre à la lecture? Il est bien sûr volontairement provocateur, mais sur le fond il traduit assez bien ce que je pense.

On dit souvent que "l'Eglise catholique est une secte qui a réussi". C'est faux. C'est même tout le contraire.

Je ne referai pas l'historique (le voudrais-je que je ne le pourrais pas, n'ayant pas les connaissances nécessaires), mais grossièrement résumé je pense que l'on peut avancer que l'Eglise catholique, après ses débuts et un vécu flamboyants, a perdu la bataille lorsque les pouvoirs de l'Eglise et de l'Etat ont été séparés.

Lorsqu'elle a perdu son pouvoir, en l'occurrence. Parce que, ne nous leurrons pas, si le pouvoir de l'Eglise catholique était à l'heure actuelle équivalent à celui qu'elle possédait à son époque de puissance concrètement effective, imposant ses diktats au séculier, il n'y aurait dans notre société de place ni pour les homosexuels, ni pour la contraception, ni pour l'avortement, ni pour les divorces, etc. Et toute personne qui oserait proférer le terme de "laïcité" se verrait taxer d'hérésie, avec le prix à en payer. Il n'y aurait dans notre société de place pour aucune divergence de pensée face à sa pensée unique.

L'Eglise catholique était et reste une dictature, malgré le visage évolutif qu'elle essaie de se donner pour faire bonne figure. Je me souviens d'une enquête que j'avais menée durant mon stage de journalisme, sur l'égalité des droits des homosexuels. Quand j'avais demandé au porte-parole de la Conférence des évêques suisses si l'Eglise catholique ne se devait pas de marcher avec son temps, il m'avait répondu, en substance: "L'Eglise n'a que faire des mouvements séculiers. Elle est au-dessus de ça, ne s'en tenant qu'aux valeurs de Dieu."

L'Eglise catholique est une dictature, qui n'a simplement plus les moyens de ses objectifs. Elle a perdu la bataille du pouvoir. Perd des batailles sur le front de la foi, des vocations en diminution, des scandales de pédophilie.

Elle a perdu des batailles, mais pas la guerre (sainte). Comme toute dictature qui se respecte, elle tente de se redonner les moyens de ses objectifs, en adoptant une stratégie marketing qui colle au plus près des us et coutumes de ce séculier dont elle se prétend détachée.

Dernier exemple en date: les Journées mondiales de la jeunesse, à Madrid. A priori, Benoît XVI, plus théologien intellectuel que communicateur-né, n'est pas l'archétype idéal pour ce genre de raout. Mais le Vatican et son maître, loin d'être naïfs, ont bien compris que l'événement est incontournable. Et donc le pape, alias Joseph Alois Ratzinger, ex-préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (anciennement plus connue sous le nom d'Inquisition), fera son show médiatique. Et tant mieux s'il y a diverses protestations, ce sera autant de pris pour la publicité.

Que l'Eglise catholique mène son djihad c'est, ma foi, de bonne guerre. Ce qui me choque, c'est que l'Espagne, un Etat qui se veut laïque, débloque 50 millions d'euros pour financer cette grand-messe, à charge des contribuables, alors que le pays est par ailleurs exsangue financièrement, que l'on exige des citoyens qu'ils se serrent de plus en plus la ceinture au quotidien.

Ce qui me choque, c'est que, malgré la soi-disant séparation des pouvoirs, on offre régulièrement une plateforme médiatique à la dictature de l'Eglise catholique, sous le fallacieux prétexte que notre société européenne est fondée sur des valeurs chrétiennes.

Ce que je conclus: non à une fondamentalisation de l'Europe, quel que soit son extrémisme!

dimanche 14 août 2011

"Le Moine": à rester à mi-chemin, ce film ne va nulle part

Il y a des films que l'on traverse, sans plus, et dont on ressort totalement indemne. "Le Moine" de Dominik Moll est de ceux-là.

Je ne peux pas dire que j'ai détesté, ni même que je me suis ennuyée. Pendant 1h41, j'ai traversé. C'est tout. Et c'est encore beaucoup dire, tant il est difficile de traverser ce qui ne possède aucune substance.

Pourtant, il y aurait eu de quoi faire dans cette adaptation du roman de Matthew G. Lewis. Si Dominik Moll avait osé prendre parti.

Ambrosio (campé par un Vincent Cassel qui ne va pas lui non plus au bout de son propos - mais comment lui en vouloir dès lors que le réalisateur s'égare?) est un moine pur et dur qui tombe dans le péché via le péché ultime, celui d'orgueil. Dans la scène d'ouverture, qui met l'eau à la bouche, il clame haut et fort que "Satan n'a que le pouvoir qu'on veut bien lui donner", provoquant ainsi le Maître du Mal en compétition.

On s'attend à ce que Moll empoigne ce thème à bras-le-corps. Ce n'est pas le cas. Tout soudain il se radoucit, et voilà que notre orgueilleux se transforme en un homme avec des failles, certes, mais sincère. Ce changement d'optique ne serait pas problématique si Moll s'y tenait. Il ne s'y tient pas, livrant au final un film qui ne sait plus sur quel pied danser.

"Le Moine", à force d'hésiter à mi-chemin, ne va nulle part. Et le spectateur, pour ne pas rester au bord de la route, prend les sentiers de la traverse.




samedi 13 août 2011

Troublante Planète des Singes... à voir absolument!

"La Planète des Singes: Les Origines" ("Rise of the Planet of the Apes"): voilà bien un film qui prouve que "blockbuster" n'est pas automatiquement synonyme de "daube". Au contraire, c'est une oeuvre d'une fine intelligence.

La version de Rupert Wyatt se propose, comme son intitulé l'indique, d'expliquer les débuts de ce qui a amené à la dictature des singes qui règne dans l'opus de Franklin J. Schaffner, sorti en 1968.

Tout repose sur le personnage de César (magnifiquement servi par Andy Serkis), un chimpanzé dont l'intelligence a été boostée par une molécule, dans le cadre d'une recherche de traitement contre la maladie d'Alzheimer.

Elevé par une famille humaine, César se croit d'abord humain. Puis, en grandissant, et à mesure que son intelligence se développe, il se rend compte que ce n'est pas le cas. Il n'est pas humain. Et qu'est-il donc? Juste un animal domestique? Un singe? Il n'a jamais eu aucun contact avec ses congénères.

La quête et la découverte de son identité se doublent d'un autre constat: les humains considèrent son espèce comme inférieure, et la traitent comme telle. Sentiment de trahison, tristesse, désillusion, colère. César entre en rébellion, en révolte. Mène la révolution.

"La Planète des Singes: Les Origines" n'est pas à proprement parler une préquelle. Il ne montre pas comment, ni pourquoi, les singes en arrivent à dominer le monde. Il décrit juste un commencement (cela suppose-t-il une suite?). Le but de César n'est à aucun instant de prendre le pouvoir: ce qu'il revendique, c'est la liberté pour son espèce, et une égalité de droits avec l'espèce humaine.

Tant de thèmes qui s'entremêlent, comme toujours dans l'air du temps: l'aspect "apprenti sorcier" de la recherche génétique. Le positionnement de l'Homme par rapport à l'évolution, la nature et aux autres espèces. Son arrogance, qui le fait courir à sa perte. La quête d'identité. Le droit à la différence. Le droit à l'égalité.

C'est un film fort. Avec des moments particulièrement troublants, perturbants: ceux où la frontière entre l'animalité et l'humanité perd son apparente radicalité, se fait floue, spongieuse. Impossible de ne pas se sentir interpellé. L'Homme n'aime pas qu'on lui rappelle qu'il est et reste un animal, que son statut d'espèce "supérieure" n'est pas inscrit en lettres intouchables dans la cosmogonie, qu'il suffit d'un mouvement de l'évolution pour qu'il passe la main. L'Homme n'aime pas qu'on le remette à sa place.

Pour tout cela, "La Planète des Singes: Les Origines" vaut la peine d'être vu.

Trois PS:

1°: en réponse aux esprits chagrins qui déplorent que le scénario pêche en seconde partie par "manque de réalisme". C'est vrai. Mais c'est du cinéma. Pas du documentaire.

2°: ne pas se laisser tromper par la bande-annonce, qui met en avant le côté "film d'action". L'essentiel est ailleurs.

3°: incontournable: "La Planète des Singes" ("Planet of the Apes"), Franklin J. Schaffner, 1968. Avec Charlton Heston dans le rôle du capitaine George Taylor.



jeudi 4 août 2011

Bon ou non pour la santé, avoir un animal domestique rend gâteux


Rebondissant sur ma publication d'hier: je ne sais pas si avoir un animal domestique est bon ou non pour la santé. Ce qui est sûr en revanche, c'est que ça rend gâteux.

Ayant déjà eu un chat il y a de nombreuses années, je le savais. Mais j'avais oublié combien. J'ai eu tout loisir, ces dernières semaines, de me le rappeler.

A la mi-juin, j'ai adopté un chaton âgé de deux mois. Sur des conseils avisés, je l'ai baptisé Kalash. Avec sa tendance à partir en rafales en toute occasion, c'est parfaitement approprié.

Au début, j'étais très radicale avec moi-même: j'accueille un chat parce que c'est un animal indépendant, contrairement par exemple à un chien. Cela me fait plaisir, je vais bien prendre soin de lui, nous passerons des moments agréables. Mais je ne m'impliquerai pas plus que ça.

Un mois et demi plus tard, résultat des courses: non seulement je bêtifie en permanence, mais de plus j'ai développé tous les symptômes d'une mère couveuse.

Au point que la nuit dernière, j'ai fait un horrible cauchemar. J'ai rêvé qu'un énorme et affreux crocodile tentait de bouffer mon Kalash et que je devais me battre pour le sauver. J'ai sorti les crocs et n'ai pas hésité à recourir aux moyens ultimes, massacrant cette saleté de bestiole à coups de hache. Une scène digne des films les plus gore.

(Sic. Je laisse cela à l'interprétation d'éventuels psychiatres.)

Conclusion: je suis gravement gâteuse.

Mais on s'en fout et on aime ça, hein?, mon Kalash, mon Kukushima-chat-scheugueuleu-bouboulinou...

(Sic. Idem.)

mercredi 3 août 2011

Non, l'objectivité des médias n'existe pas

Avoir un animal domestique, c'est bon pour la santé psychique et physique. Qui n'a jamais lu un article allant dans ce sens?

Or, selon une étude publiée dans le numéro d'août de Current Directions in Psychological Science par Howard Herzog, professeur en psychologie à l'Université Western Carolina aux Etats-Unis, c'est loin d'être évident.

Selon lui, il y a autant d'études qui déclarent qu'avoir un animal à ses côtés est positif que d'autres qui affirment le contraire ou avancent que l'effet est nul. La différence résidant dans le fait que les premières font les gros titres médiatiques, alors que les secondes sont passées sous silence.

Pourquoi nous autres journalistes mettons-nous en évidence une étude qui prouve que caresser son chat/chien diminue considérablement le stress, alors que nous opérons un blackout concernant celle qui démontre que les possesseurs d'animaux risquent plus la crise cardiaque? Voilà une question qui mériterait d'être creusée.

Ce que je constate à l'occasion, une fois de plus, une fois encore, c'est que l'objectivité en matière journalistique est un mythe.

Et un tabou. J'avais à l'époque de mon stage provoqué un tollé en exposant ce qui précède. Aujourd'hui je persiste et signe: quelle que soit la forme qu'il endosse, y compris en travail d'agence, le journalisme a toujours été, est et restera d'opinion.

Je trouve très dommage que la profession ne l'assume pas ouvertement. Parce qu'en persistant à ne pas dire son nom pour maintenir je ne sais quelle illusion politiquement correcte, en persistant à se présenter sous les attributs de l'objectivité, elle perd de plus en plus en crédibilité.

mardi 2 août 2011

Jeux vidéo violents: quand le sophisme prend les apparences de la logique

En Norvège, certains jeux vidéo violents prisés et utilisés dans ses préparatifs de tuerie par Anders Behring Breivik ont été retirés de la vente. Jusqu'à nouvel ordre.

Le bannissement concerne une cinquantaine de produits - dont différentes versions de "World of Warcraft" et de "Call of Duty - Modern Warfare".

Coop Norge, la principale coopérative de magasins du pays, a expliqué avoir pris sa décision "par respect" pour les proches des 77 victimes. Pour éviter qu'ils ne se retrouvent nez à nez avec des jeux vidéo violents en allant faire leurs courses.

Il n'empêche qu'à chaque fois qu'un tueur fou sévit quelque part, on en revient au même débat: faut-il interdire les jeux vidéo violents?

Le questionnement part du principe que ce type de jeux pourraient pousser certaines personnes au passage à l'acte. Un principe qui, dans quelques cas, n'est peut-être pas dépourvu de pertinence. Sa généralisation, en revanche, est problématique.

Exprimé autrement, les partisans de l'interdiction posent ce qui ressemble fort à un syllogisme:

Anders Behring Breivik est un adepte de jeux vidéo violents
Anders Behring Breivik est un criminel
Donc les adeptes de jeux vidéo violents sont des criminels

Bien loin d'un syllogisme basé sur la logique, il s'agit en réalité d'un sophisme, dans le sens rhétorique du terme, fondé sur des rapprochements excessifs et une simplification excessive de la causalité.

Un raisonnement fallacieux dont le but n'est pas d'entrer en questionnement, mais bien de prendre l'avantage et d'imposer son point de vue en le présentant comme un argumentaire sérieux et solide.

Pour en démonter les mécanismes, il suffit de pousser l'exemple à son extrême absurde:

Mon oncle Gaston est alcoolique
Mon oncle Gaston, bébé, a été nourri au lait maternel
Donc il faut interdire le lait maternel

Les tenants de l'interdiction des jeux vidéo violents ne sont pas dans le questionnement, ne proposent aucun débat. Comme tous les fondamentalistes, convaincus de la véracité de l'opinion qu'ils veulent faire passer à tout prix, ils sont dans la (tentative de) manipulation et la malhonnêteté.