Autre actu incontournable ces derniers jours: le carnage, minutieusement préparé, commis en Norvège par Anders Behring Breivik. Je ne reviendrai ni sur les actes, ni sur les motivations délirantes (pour ceux que cela intéresse, se référer au manifeste "2083" de 1500 pages qu'il a publié sur le net et que l'on trouve sur tous les sites dans toutes les langues).
Je me suis plutôt attachée à décrypter les réactions que ça a provoqué. Dont celle-ci, lue sur Facebook: "Le monde est en train de devenir fou! Les valeurs ne sont plus respectées! La faim, les guerres, la misère, le chômage, le fossé entre les riches et les pauvres ont dépassé toutes les limites!"
Bon. Je me suis sentie partagée, comment dire..., entre une perplexité agacée et un agacement perplexe. Ce manque de vision globale et de perspective historique me soufflent.
Pour peu que l'on s'accorde le temps de regarder derrière soi, le monde n'est pas "en train de devenir fou". Le monde a toujours été fou, depuis que le monde est monde, justement.
Il semblerait que certaines personnes digèrent mal le flux permanent d'informations. Malgré ce que je viens d'écrire, je peux les comprendre. C'est bien connu, les médias ont tendance à ne parler que des trains qui n'arrivent pas à l'heure (je me sens d'autant plus autorisée à le noter que je suis journaliste), alors se ramasser au quotidien des wagons de mauvaises nouvelles en provenance des quatre coins de la planète, ça peut laisser des traces si on garde la tête dans le guidon. D'où la nécessité de prendre une salutaire distance. Ou alors d'arrêter de suivre assidûment les news.
Je me plais parfois à imaginer ce qu'aurait pu être l'actualité présentée à la mode de maintenant il y a 50, 100, 200 ans, etc. Avec en conséquence un monde aussi fou que celui d'aujourd'hui!
Tout fout l'camp ? Oui, mais c'est loin d'être un scoop.