dimanche 31 juillet 2011

Fier d'être Suisse (?)

Dans le contexte du 1er Août demain, je lance un appel à toute personne de bonne volonté: est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qu'est le "sentiment de fierté nationale" - ce qu'il signifie et ce qu'il recouvre?

Voilà bien quelque chose que je ne comprends pas. Je ne suis pas "fière d'être Suisse", à mes yeux cela ne veut rien dire. Attention aux conclusions hâtives: je n'ai pas non plus "honte d'être Suisse", ce qui pour moi ne veut rien dire non plus.

J'aime mon pays, avec ses qualités et ses défauts. J'aime y vivre et ne souhaiterais pas partir ailleurs. Mais de là à clamer que je suis "fière de ma nationalité", il y a un pas, énorme, que je ne franchis pas.

Peut-être dans le fond que ce qui me dépasse est la notion d'"identité nationale". Tentant de mettre cela noir sur blanc:

Je suis née en Suisse un jour d'avril 1967. Certes. Phénomène par hasard lié aux pérégrinations de mes ancêtres jusqu'à la Xème génération. A tout prendre, j'aurais aussi pu naître au Kamtchatka. Ou alors, sans chercher aussi loin, il aurait suffi de quelques centimètres de frontière pour que je sois Italienne, Française, Allemande, Autrichienne, Liechtensteinoise.

En réalité, cette notion d'"identité nationale", je la trouve mensongère, malhonnête. Parce qu'elle présente la Suisse (pas seulement, c'est clair, mais là je parle de chez nous) comme un Etat pour ainsi dire de fait, existant depuis la nuit des temps et destiné à se perpétuer tel quel jusqu'à la fin des temps. Or il suffit d'un coup d'oeil historique pour se rendre compte que c'est une immense foutaise.

C'est rassurant, sans aucun doute, de se sentir faire partie d'un quartier, d'une commune, d'une ville, d'un canton, d'un pays, d'un bloc communautaire. Rassurant de se positionner par rapport à autrui. Sauf que cela conduit souvent à se positionner contre. A niveler par le bas.

Au-delà de son absurdité fondamentale, de son mensonge et de sa malhonnêteté, l'"identité nationale" pourrait ne pas être mauvaise en soi si elle amenait quelque chose à l'évolution humaine. Mais force est de constater qu'elle a servi et sert régulièrement à pallier un manque d'identité personnelle, d'identité profonde. Et donc à enfoncer l'Humanité dans un de ses nombreux travers.

Pour tout ce que je viens de noter: je suis Suisse, j'aime la Suisse. Mais je ne souscris pas à la "fierté d'être Suisse."