C'est la mode des sondages à tout va. Sur tous les sujets et à toutes les sauces. Un d'entre eux, publié et relayé dernièrement, m'a poussée à quelques questionnements.
Lundi 1er août, c'est l'anniversaire de la naissance de la Suisse. L'institut DemoScope n'a pas manqué le coche et a mené du 11 au 13 juillet un sondage téléphonique auprès de la population helvétique pour connaître la place que celle-ci donne à la fête nationale. Résultat: 80% la considèrent "importante".
Quelle fiabilité?
Pour effectuer ce sondage, DemoScope a interrogé 505 personnes âgées de plus de 15 ans en Suisse alémanique et romande.
Or on considère qu'un sondage ne saurait être représentatif, vu la marge d'erreur, à moins de 600 personnes.
Et, que je sache, la Suisse ne se résume pas à l'alémanique et la romande.
Participant régulièrement à des enquêtes d'instituts comme DemoScope ou Link - précisément parce que c'est un thème qui m'interpelle et pour essayer de comprendre la démarche - j'imagine sans peine les questions dudit sondage.
"Pour vous, le 1er Août c'est: pas du tout important, assez important, plutôt important, important, très important. Autre. Ne sais pas."
On ne tient pas du tout compte du "pourquoi", paramètre essentiel. On peut très bien, par exemple, penser le 1er Août très important parce que c'est un jour férié, et que l'on adore les saucisses et les feux d'artifice.
Quelle utilisation?
Bon nombre de médias helvétiques ont repris tel quel l'article des agences, titrant: "Pour 80% des Suisses, le 1er Août est important."
A lire le détail, c'est un peu plus subtil que ça. Il ne s'agit pas uniquement des Suisses, mais de la population suisse dans sa globalité.
Et cette phrase, passée totalement inaperçue: "Le sondage note que le 1er Août est plus important pour les étrangers vivant en Suisse que pour les citoyens helvétiques." Voilà qui aurait mérité développement.
Ainsi, en conclusion, non seulement les sondages ne sont pas équivalents à des preuves, mais une forme de recul dans leur traitement serait salutaire.