Au mois de juillet de cette année, j'ai rédigé et publié sur les sites pour lesquels je travaille un article intitulé et présenté comme suit:
"Drame de Beringen: la meurtrière est sataniste
SCHAFFHOUSE / La jeune femme qui a poignardé et tué son père, puis grièvement blessé sa mère dans le canton de Schaffhouse, est sataniste. C'est en tout cas ce qu'elle affirme sur internet.
Myriam Amara / 28.07.2011/14:52
La femme âgée de 21 ans qui a tué son père à coups de couteau, puis grièvement blessé sa mère avec la même arme mardi à Beringen (SH), affirme qu'elle est sataniste sur internet."
Effectuant aujourd'hui une recherche Google pour retrouver mes publications sur le net, quelle n'a pas été ma surprise de découvrir l'article ci-dessus, radicalement transformé, sur un blog des worldwide-christians.france:
"Meurtre sous l'influence de Satan!
SCHAFFHOUSE / La jeune femme qui a poignardé et tué son père, puis grièvement blessé sa mère dans le canton de Schaffhouse, en Suisse, est sataniste.
Son leitmotiv: "On ne doit rien. Sauf mourir."
Myriam Amara, la femme âgée de 21 ans qui a tué son père à coups de couteau, puis grièvement blessé sa mère avec la même arme mardi à Beringen (SH), affirme elle-même qu'elle est sataniste sur internet."
Cela m'a d'abord bien fait rire. Une bourde comme on les aime, à partager sur Facebook (dont acte).
Avec le recul, j'ai un peu moins ri. La perspective de mon nom désormais associé sur internet à un parricide sataniste me semblant tout soudain moyennement comique.
J'ai donc écrit aux auteurs du blog, pour leur signaler l'erreur et leur demander de supprimer l'article. Doutant que cela soit suivi d'effet, et comme de toute manière ce texte restera dans les archives web (à moins que je ne fasse appel à une "agence de nettoyage"), je finirai par lâcher prise et prendre le parti, justement, de bien en rire.
N'empêche que ça me fait réfléchir sur cette image virtuelle de moi que je pensais maîtriser à la perfection.
lundi 26 septembre 2011
dimanche 11 septembre 2011
"Habemus Papam": tendresse, humanisme, justesse et intelligence
Synopsis du dernier film de l'Italien Nanni Moretti: le cardinal Melville (Michel Piccoli), à peine élu pape, perd complètement les pédales. Au moment de se présenter au balcon, au milliard de fidèles qui l'attendent, il hurle: "Aidez-moi, je n'y arriverai jamais!" et s'enfuit. Le Vatican, face à l'inimaginable catastrophe d'un pape dépressif qui refuse d'endosser sa nouvelle fonction, se résout à faire appel à l'ennemi, la psychanalyse, via un ponte (Nanni Moretti) dans ce domaine. Suite à une brève rencontre entre sa Sainteté et le psychanalyste, qui tourne court, le pape fugue.
On rit beaucoup dans cette comédie satirique. La confrontation entre la religion et la psychanalyse (une autre forme de religion), entre la croyance en la foi et la croyance en le darwinisme, donne lieu à des scènes rocambolesques, mêlant grotesque et absurde. Moretti n'épargne personne de ses pointes, les médias et les politiques en prennent aussi pour leur grade.
Cette légèreté assumée fait ressortir avec encore plus de force le véritable thème du film: la perte généralisée du sens et des repères. Une angoisse incarnée par ce pape en perdition, à laquelle les dogmes figés de la foi en la religion et en la science n'apportent non seulement aucune réponse définitive, mais plus non plus de remède apaisant.
Michel Piccoli, par son sublime jeu tout en subtilité, sert à merveille cet humanisme inquiet. Impossible de ne pas se sentir touché, remué, bouleversé en profondeur par son questionnement à la fois tendre et agressif.
Au final, Moretti n'amène pas de solution à l'absence de sens. Il propose toutefois une piste pour vivre avec: le jeu, dans une acceptation très large du terme. Un ludique qui permet, peut-être, de réconcilier prise de conscience et existence.
On ne ressort pas indemne de "Habemus Papam". Mais sa justesse et son intelligence en font précisément un film incontournable.
On rit beaucoup dans cette comédie satirique. La confrontation entre la religion et la psychanalyse (une autre forme de religion), entre la croyance en la foi et la croyance en le darwinisme, donne lieu à des scènes rocambolesques, mêlant grotesque et absurde. Moretti n'épargne personne de ses pointes, les médias et les politiques en prennent aussi pour leur grade.
Cette légèreté assumée fait ressortir avec encore plus de force le véritable thème du film: la perte généralisée du sens et des repères. Une angoisse incarnée par ce pape en perdition, à laquelle les dogmes figés de la foi en la religion et en la science n'apportent non seulement aucune réponse définitive, mais plus non plus de remède apaisant.
Michel Piccoli, par son sublime jeu tout en subtilité, sert à merveille cet humanisme inquiet. Impossible de ne pas se sentir touché, remué, bouleversé en profondeur par son questionnement à la fois tendre et agressif.
Au final, Moretti n'amène pas de solution à l'absence de sens. Il propose toutefois une piste pour vivre avec: le jeu, dans une acceptation très large du terme. Un ludique qui permet, peut-être, de réconcilier prise de conscience et existence.
On ne ressort pas indemne de "Habemus Papam". Mais sa justesse et son intelligence en font précisément un film incontournable.
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